sillages photographiques⎥ leah desmousseaux

Exposition du 24 octobre au 28 novembre 2020

Calendrier

Du 24 octobre au 28 novembre 2020

Vernissage

Vendredi 23 octobre entre 18h et 22h

Port du masque obligatoire et
gel hydroalcoolique à disposition

Leah Desmousseaux fabrique des « images-déserts », des photographies dans lesquelles le spectateur se perd, qui donnent l’illusion d’une altitude extrême ou la sensation d’une macro d’un sol indéfinissable. Expériementales, les recherches photographiques de Leah Desmousseaux s’inscrivent dans une démarche plasticienne. 

Traversées par la figure du vestige et l’esthétique  du Désert, ses images naissent de l’hybridation des procédés photographiques analogiques et digitaux. L’artiste conçoit le paysage désertique — cette immensité spatiale et temporelle où se fait l’expérience du vide et du silence — comme un refuge à la saturation de l’information qui caractérise notre monde contemporain. « En tant qu’altérité minérale et sauvage radicale, le désert est un lieu propice à la réévaluation de l’échelle humaine. Il nous pousse à s’interroger  sur les différents langages que nous établissons avec notre environnement », explique t-elle.

L’artiste travaille à partir d’archives physiques et dématérialisées : musées d’antiquités, muséums d’histoire naturelle, sites archéologiques et géologiques, livres illustrés, photothèques et flux internet. Puis, par la manipulation tant optique que haptique de l’image-matière, elle cherche à décontextualiser et à crypter la lecture de ces sources de savoir. 

Elle explique encore : « Empruntant aux codes de l’imagerie militaire et scientifique, jouant de la coupure, du renversement d’échelle, de la stratification des processus d’apparition, de la déperdition de l’information et de l’altération du champ sémiotique, je souhaite mener l’image photographique vers une forme d’abstraction indicielle et d’autonomie formelle. Mes images-déserts et leurs inscriptions physiques dans l’espace d’exposition proposent un espace-temps pour le regard, en opposition au flux signalétique incessant dans lesquels nos perceptions quotidiennes sont emportées. »

Territoires troubles où les indices du réel sont à décrypter, les images photographiques de Leah Desmousseaux jouent du paradoxe entre mutisme et potentiel narratif de la photographie. Elles ouvrent ainsi une réflexion sur la fabrication de nos représentations et de nos récits, sur l’interprétation de la trace archéologique et sur la véracité de l’empreinte photographique. 

Pour son exposition personnelle à la Galerie Robet Dantec, elle a spécialement réalisé une série de tirages cynaotypes sur le thème des ruines de Palmyre, en Syrie. 

Photo : Leah Desmousseaux, 34°33’15 » N, 38°16’00 » E (Palmyre II), tirage cyanotype sur papier Arches, 107 x 164 cm. 2020

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